Page:Poe - Derniers Contes.djvu/159

Cette page a été validée par deux contributeurs.


« Je crois, monsieur, que vous avez oublié de payer votre grog. »

« Payer mon grog ! — Ne vous ai-je pas donné le tabac en retour ? Que vous faut-il de plus ? »

« Mais, s’il vous plaît, monsieur je ne me souviens pas que vous ayez payé le tabac. »

« Que voulez-vous dire par là, coquin ? — Ne vous ai-je pas rendu votre tabac ? Attendez-vous que je vous paie ce que je n’ai pas pris ?

« Mais, monsieur, » dit le marchand, ne sachant plus que dire, « mais, monsieur… »

« Il n’y a pas de mais qui tienne, monsieur, » interrompt le filou, faisant semblant d’entrer dans une grande colère, et fermant la porte avec violence derrière lui, « il n’y a pas de mais qui tienne, nous connaissons vos tours d’escamotage. »

Voici encore une très habile filouterie, qui se recommande surtout par sa simplicité. Une bourse a été perdue ; et celui qui l’a perdue fait insérer dans les journaux du jour un avertissement accompagné d’une description très détaillée.