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bourse, j’en suis sûr, s’il découvrait qu’il la doit à une filouterie qui ne soit pas originale.

Impertinence. — Notre filou est impertinent. Il fait le crâne. Il met les poings sur les rognons. Il fourre ses mains dans les poches de son pantalon. Il ricane à votre barbe. Il marche sur vos cors. Il mange votre dîner, il boit votre vin, il vous emprunte votre argent, il vous tire le nez, il donne des coups de pied à votre chienne, et il embrasse vôtre femme.

Grimace. — Le vrai filou termine toutes ses opérations par une grimace. Mais personne ne la voit que lui. Il grimace, lorsque sa tâche du jour est remplie — quand ses divers travaux sont accomplis — le soir dans sa chambre, et uniquement pour son amusement particulier. Il arrive chez lui. Il ferme sa porte. Il se déshabille. Il éteint sa chandelle. Il se met au lit. Il étend sa tête sur l’oreiller. Après quoi, notre filou fait sa grimace. Ce n’est pas une hypothèse. Rien de plus naturel. Je raisonne à priori, et dis qu’un filou ne serait pas un filou sans sa grimace.

On peut faire remonter l’origine de la