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sont solides et de bon aloi et s'unissent à la haine naturelle du d Barbare, parce que nous sommes purement Grecs et sans mélange de Barbares. On ne voit point de Pélops, de Cad- mos, d'Égyptos, de Danaos ni tant d'autres, Barbares de nature, Grecs par la loi, partager notre vie; nous sommes Grecs authentiques, sans alliage de sang barbare, d'où la haine sans mélange pour la gent étrangère qui est infuse à notre cité. Mais, quoi qu'il en soit, nous retombâmes dans e notre isolement, pour refuser de commettre un acte honteux et sacrilège en livrant des Grecs à des Barbares. Revenus à la même situation qui avait auparavant entraîné notre défaite, nous pûmes, grâce aux dieux, terminer la guerre mieux qu'alors : nous gardions notre flotte, nos murs et nos propres colonies à l'issue des hostilités, tant les ennemis eux-mêmes étaient heureux d'en avoir fini ! Pourtant nous perdîmes encore des braves dans cette guerre, victimes à Corinthe des difficultés du terrain et de la trahison à Léchaeon * . C'étaient

246 a aussi des braves, ceux qui délivrèrent le Grand Roi et chas-

sèrent de la mer les Lacédémoniens : je les rappelle à votre souvenir ; à vous d'unir vos louanges aux miennes et de glo- rifier de tels héros.

« Voilà les exploits des hommes qui

onseï s reposent ici, et des autres qui sont tom-

aux vivants. r »># • ,

bes pour la défense de notre cite. IN om- breux et glorieux sont ceux dont j'ai parlé ; plus nombreux b encore et plus glorieux ceux qui restent encore : bien des jours et des nuits ne suffiraient pas à en achever rémunéra- tion. En souvenir d'eux, chacun doit faire passer à leurs des- cendants, comme à la guerre, l'ordre de ne pas déserter le poste des ancêtres 2 et de ne pas battre en retraite en cédant à la lâcheté. Pour ma part, ô fils de braves, je vous fais

1. Voir Xénophon, Helléniques, IV, 4, 7 sq. ; Diodore de Sicile, XIV, 86. En 3g3, les partisans de Sparte furent massacrés à Corinthe, ou expulsés de la ville par les Argiens. Tandis que les Athéniens et les Béotiens venaient soutenir les Argiens, les bannis se réfugièrent auprès du Lacédémonien Praxitas, campé à Sicyone, et l'introduisi- rent pendant la nuit à Léchaeon, port de Corinthe. Le lendemain, l'assaut des Béotiens, des Corinthiens, des Argiens, et des Athéniens commandés par Iphicrate, fut victorieusement repoussé par Praxitas.

a. Renoncer au rôle traditionnel d'Athènes, qui a toujours sou- tenu la liberté et défendu la Grèce contre les Barbares, est assimilé

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