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236 d MÉNEXÈNE 87

« En ce qui concerne les actes ! , ceux-ci Le discours on t recu i es égards qui leur étaient dus,

E S o ^e e *"> a P r ^ s l es avoir obtenus, ils font le

voyage fatal, accompagnés à la tombe par le cortège public de la cité, et par le cortège privé de leurs proches. En ce qui regarde la parole, l'hommage qu'il reste à leur accorder, la loi nous prescrit de le rendre à ces e hommes, et c'est un devoir 2 . Les belles actions, en effet, grâce à un beau discours, valent à leurs auteurs le souvenir et l'hommage de l'auditoire. Il faut donc un discours capable de fournir aux morts une glorification suffisante, et aux vivants des recommandations bienveillantes, en exhortant descen- dants et frères à imiter la vertu de ces hommes, et aux pères, aux mères, aux ascendants plus lointains, s'il en reste

237 a encore, en donnant à ceux-là des consolations. Quel discours

découvrir qui ait ce caractère? Par où commencer dignement l'éloge de braves, qui, vivants, faisaient par leur vertu la joie des leurs, et qui ont acheté de leur mort le salut des vivants ? Je crois nécessaire de suivre l'ordre de la nature, qui a fait d'eux des gens de cœur, en réglant sur lui mon éloge. Gens de cœur, ils le furent, parce qu'ils avaient pour pères des gens de cœur. Célébrons donc d'abord leur bonne naissance; en second lieu, la nourriture et l'éducation qu'ils ont reçues. b Faisons voir ensuite l'accomplissement de leurs exploits, en montrant que son éclat fut digne de ces avantages.

« Cette bonne naissance a eu pour pre-

L éloge : mier fondement l'origine de leurs an-

glonfication u . r ,,° , . ,

de VAttique cetres, qui, au heu d être des immigres

et de faire de leurs descendants des

métèques dans le pays où ils seraient eux-mêmes venus du

souplesse de son corps : « Ne savez-vous pas, dit-il, que tout à l'heure, au point du jour, Charmide que voici m'a surpris en train de danser ? »

1. Comparer Thucydide, II, 35, 46, où epyw (les funérailles elles- mêmes) est opposé comme ici à Xdyo> (l'oraison funèbre).

2. C'est-à-dire : une obligation morale, un devoir de piété, par opposition au devoir légal (comparer 2 3g d : Btxatov /.a! /p*]'). Denys d'Halicarnasse remarque avec raison que ce petit mot (y^piÇ), mis à la fin de la phrase, en brise le rythme, mais il ne voit pas que c'est une maladresse voulue par Platon.

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