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choses, et, qui plus est, des choses entièrement et absolument vaies.

CLINIAS. J'en suis persuadé, Étranger; mais ne te lasse pas de nous expliquer ta pensée.

L'ATHÉN. Je continuerai; ne vous lassez pas vous-mêmes de m'écouter.

CLINIAS. Je te réponds pour Mégille et pour moi de toute notre attention.

[980a] L'ATHÉN. Fort bien. Il me paraît nécessaire de remonter jusqu'au principe, surtout pourvoir si nous pourrons comprendre sous un seul nom ce que nous entendons par sagesse, et si cela passe nos forces, pour voir en second lieu quelles sont les sciences dont la connaissance rend l'homme sage de cette sagesse que nous concevons, et combien il y en a.

CLINIAS. Fais comme il te plaira.

L'ATHÉN. Et, après cela, on ne trouvera pas mauvais que le législateur qui a sur les dieux des idées plus élevées et plus justes que ceux qui en ont parlé avant lui, les exprime d'une manière conforme à la belle science qu'il a acquise, et passe le reste de sa vie à honorer [980d] les dieux et à célébrer par des hymnes leur suprême félicité.

CLINIAS. Tu as raison, Étranger ; et puisse le plan de ta législation aboutir pour toi à vivre dans un commerce familier avec les dieux et à couronner la vie la plus pure par la plus belle et la plus heureuse fin !

L'ATHÉN. Que dirons-nous, Clinias? Crois-tu que la plus excellente manière d'honorer les dieux dans nos hymnes soit de les prier de nous suggérer, en parlant d'eux, les pensées les plus belles et les plus sublimes? Est-ce là ton sentiment du non ?

[980c] CLINIAS. A merveille ; c'est bien là mon sentiment. Adresse-leur donc, mon cher, une prière, dans la ferme