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men régulier pour éprouver si les noms peuvent rendre témoignage par eux-mêmes qu’ils ne sont point tout-à-fait l’ouvrage du hasard, et qu’ils ont une certaine propriété naturelle. Les noms des hommes et des demi-dieux pourraient nous induire en erreur ; car un grand nombre sont purement héréditaires, et souvent ne conviennent nullement à ceux qui les ont reçus, comme nous l’avons remarqué. Un grand nombre sont donnés par forme de vœu, tels que Eurtychidès (fortuné), Sosie (sauvé), Théophile (chéri de Dieu), et beaucoup d’autres. Je pense donc que nous ferons bien d’abandonner ce genre de noms. Les noms véritablement propres se trouveront surtout, selon toute apparence, parmi ceux qui se rapportent aux choses éternelles et à la nature. Ceux-ci, en effet, ont dû être établis avec un soin particulier ; peut-être même plusieurs viennent-ils d’une puissance plus haute et plus divine que celle des hommes.

HERMOGÈNE.

Cela me paraît bien dit, Socrate.

SOCRATE.

Ne serait-il pas juste de commencer par les dieux, et de considérer quelle peut être la raison de ce nom de dieux, θεοί, qu’on leur donne ?