Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/1029

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
97
LETTRE VII.

tions de la science : en quatrième lieu vient la science elle-même, et en cinquième lieu [342b] il faut mettre ce qu’il s’agit de connaître, la vérité. La première chose est le nom, la seconde la définition, la troisième l’image ; la science est la quatrième. Si on veut comprendre ce que je viens de dire, il n’y a qu’à choisir un exemple ; il servira pour tout le reste. Prenons le cercle. D’abord il a un nom, celui même que je viens de prononcer. Puis il a une définition composée de noms et de verbes ; en effet, ce dont les extrémités sont également distantes du centre, telle est la définition de ce qu’on appelle sphère, circonférence, [342c] cercle. Mais ce cercle est encore un dessin qu’on efface, une figure matérielle qui se brise ; tandis que le cercle lui-même auquel tout cela se rapporte ne souffre pourtant rien de tout cela, parce qu’il en est essentiellement différent. Vient ensuite la science, l’intelligence, l’opinion vraie sur ce que nous venons de dire ; considérées collectivement, voilà un nouvel élément qui n’est ni dans les noms, ni dans les figures des corps, mais dans les âmes ; d’où il est clair que sa nature diffère de celle du cercle même [342d] et des trois choses dont nous avons parlé. De ces quatre éléments, l’intelligence est celui qui, par ses ressemblances et son affinité naturelle, se rapproche le plus du cinquième : les autres en diffèrent beaucoup plus. On peut faire les mêmes observations sur les ligues droites ou courbes, sur les couleurs, sur le bon, le beau, le juste, sur les objets que l’homme fait ou sur les corps naturels, comme le feu, l’eau et tant d’autres, sur tout animal, sur toute qualité de l’âme, sur les actions et les passions en général. Si l’on ne possède parfaitement [342e] ces quatre premiers éléments, on n’aura jamais la connaissance exacte du cinquième. De plus, l’homme n’est pas moins ambitieux de con-