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vait être une ville maritime qui eût de bons ports, et dont le sol ne produisît qu’une petite partie des choses nécessaires à la vie, il ne lui faudrait pas moins qu’une protection supérieure et des législateurs vraiment divins, pour empêcher que, dans une telle position, elle ne donnât entrée chez elle à toutes sortes de mœurs bigarrées et vicieuses. Ce qui me console, c’est qu’elle est éloignée de la mer de quatre-vingts stades : elle en est encore trop proche de beaucoup, [705a] la côte étant aussi abordable que tu dis ; mais enfin c’est toujours quelque chose. En effet, à ne faire attention qu’au moment présent, le voisinage de la mer est doux pour une ville ; mais à la longue il est véritablement amer. Il y introduit le commerce, le goût du gain, et des marchands forains de toute espèce, donne aux habitants un caractère double et frauduleux, et bannit la bonne foi et la cordialité des rapports qu’ils ont, soit entre eux, soit avec les étrangers. Nous avons une ressource [705b] contre cet inconvénient dans la bonté du sol qui produit toutes choses ; et comme d’ailleurs le terrain est inégal, il est évident qu’il ne peut pas tout produire et en même temps produire tout en abondance ; autrement, notre ville serait dans le cas de faire une exportation considérable de l’ex-