Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, VII et VIII.djvu/331

Cette page n’a pas encore été corrigée
CLINIAS.

Sans contredit.

L’ATHÉNIEN.

Qu’en pensez-vous ? est-ce dans les rois plutôt que dans les sujets que se trouve cet amour de l’excès qui les perd ?

[691a] CLINIAS.

Cette maladie vraisemblablement est plus ordinaire aux rois, en qui la mollesse engendre l’orgueil.

L’ATHÉNIEN.

Il est donc évident que ces rois se portèrent les premiers à violer les conventions, en voulant avoir plus que les lois ne leur donnaient, et en ne s’accordant plus avec eux-mêmes sur ce qu’ils avaient accepté et juré. Cette contradiction avec eux-mêmes, qu’ils prirent pour sagesse, quoique ce fût, comme nous avons dit, une très grande ignorance, les jeta dans des écarts et des désordres déplorables qui les perdirent.

CLINIAS.

La chose a dû être ainsi.

[691b] L’ATHÉNIEN.

Soit. Quelles précautions le législateur devait-il apporter alors pour prévenir ce malheur ? Certes à présent il n’y a rien de fort habile à reconnaître et à dire ce qu’il y avait à faire ; mais celui qui