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fluide de l’économie, tels que du sang, du pus, de la sérosité épanchés en quantité considérables, ils peuvent disparaître par l’absorption qu’il convient alors de favoriser. Dans les déplacements organiques, les moyens à employer sont très simples et consistent à refouler l’organe ou à l’attirer à soi, suivant les cas, en un mot, à le restituer au plus vite dans sa position normale.

Lorsque l’accident est grave, c’est sur le champ et au milieu même de l’opération que ces moyens doivent être mis en usage. Dans le cas contraire, on peut quelquefois poursuivre l’opération en confiant à un aide le soin d’y remédier provisoirement. Il est même quelquefois avantageux de renvoyer l’application du traitement définitif à une époque plus éloignée.


De l’Hémorrhagie.


Toute opération chirurgicale qui nécessite une solution de continuité des tissus, donne lieu, par sa nature même, à un écoulement sanguin ; mais cet écoulement ne prend le nom d’hémorrhagie qu’autant qu’il est assez considérable pour mettre en danger la vie de l’opéré, ou pour porter une atteinte grave à l’économie. Soit qu’on ait mal pris les précautions hémostatiques préalables, soit que l’opération se fasse sur une de ces régions où les moyens préventifs de l’hémorrhagie sont inapplicables, il arrive assez souvent que le sang coule en abondance, et qu’il devient indispensable de s’en rendre maître. Cet accident peut survenir dans tous les temps d’une opération et entraver plus ou moins les manœuvres opératoires. L’hémorrhagie peut se faire par jet en nappe, émaner des artères ou des veines, ou des deux sources à la fois.