Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1906.djvu/200

Cette page n’a pas encore été corrigée
188
la chronique

ces termes : lutte, antagonisme. Les puissances monarchiques auxquelles on apportait un droit nouveau se seraient rebellées devinant que les principes de ce droit ébranlaient les assises mêmes de leur domination. Mais la France aurait réussi à leur tenir tête et seule l’exaltation des ambitions napoléoniennes, en l’affaiblissant, l’aurait réduite à la longue à s’avouer momentanément vaincue. Cette thèse simpliste domina sans conteste la mentalité de toute une génération. Or, dès qu’on y regarde de près, elle s’écroule. La pénétration réciproque du gouvernement révolutionnaire et des autres gouvernements européens est chose indéniable et, en même temps, chose logique. Il ne fait plus de doute aujourd’hui que, si la coalition étrangère avait été mue par le sentiment d’une solidarité rigoureuse dans le désir de la répression, ce n’est pas le fameux élan des volontaires de 1792 qui aurait pu lui opposer une résistance efficace. Mais cette unité n’existait pas ; elle existait même beaucoup moins de la part de l’Europe à l’égard de la Convention qu’elle n’avait existé antérieurement à l’égard de Louis xiv, qu’elle ne devait exister plus tard à l’égard de Napoléon. Dans les trois cas, c’est le même effort de