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la chronique

serait l’étendue de la défaite qui se préparait pour le parti conservateur, les fautes amassées par les chefs de ce parti permettaient d’augurer pour le cabinet libéral récemment entré en fonctions un succès considérable. Or les libéraux avaient expressément promis à l’opinion qui exigeait d’eux cette déclaration de maintenir l’entente avec la France ; cet engagement si formel avait même, en son temps, causé quelque déception dans les cercles politiques allemands. Il n’en était pas moins probable que désormais le francophilisme revêtirait en Angleterre un aspect plus pacifique, moins absolu et, pour tout dire, moins anti-germanique. Le ministère espagnol constitué par M. Moret donnait des signes non équivoques de désagrégation ; une crise ministérielle survenant si peu de semaines après la chute du cabinet Montero Rios enlèverait encore au gouvernement une part de son autorité et diminuerait d’autant son action sur la conférence ; les nouveaux venus du reste seraient peut-être plus accessibles aux enjôleries de la diplomatie impériale, habile à faire miroiter aux yeux des Espagnols les avantages qu’ils trouveraient à fausser compagnie à la France pour s’attacher à la fortune de l’Allemagne. Enfin l’Italie,