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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/77

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République et les membres du gouvernement clarifiaient la situation en montrant l’Angleterre de plus en plus résolue à aider la France dans le cas où celle-ci viendrait à être l’objet d’une agression injustifiée.

L’attitude des pacifistes français s’exerça une fois encore dans un sens funeste. Leurs clameurs et leurs protestations d’amitié pour le peuple allemand vinrent affaiblir la portée de l’attitude digne et calme du ministre des Affaires étrangères et diminuer la signification de la visite à Paris du roi d’Angleterre. On se persuada à Berlin que la France voulant la paix à tout prix irait jusqu’à décourager comme dangereusement suggestives les avances anglaises et l’on commença à entrevoir la possibilité de renverser définitivement M. Delcassé. Une bonne part de responsabilité en tout ceci remontait d’autre part à ceux qui, bien intentionnés ou non, n’avaient cessé depuis trois ans de crier à tous venants que la France, grâce à MM. Combes, André et Pelletan, n’aurait bientôt plus ni armée ni marine. Quelque déplorable que fût l’action de ces trois politiciens, le souci du patriotisme commandait de ne pas en faire état quotidiennement dans les luttes de parti et surtout de