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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/67

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France ; on en avait été péniblement surpris à Paris. Le gouvernement de la République s’était vu dans l’obligation d’intervenir à Pétersbourg pour que l’amiral Rodjestvensky fût invité à se montrer plus scrupuleux de la neutralité. L’incident avait pris fin ; l’on ne savait pas qu’il allait recommencer dans la baie de Camranh mais on ignorait aussi que l’opinion britannique s’étant ressaisie demeurerait désormais obstinément fidèle à l’entente avec la France. L’empereur pouvait donc escompter quelque nouveau malentendu que la continuation des hostilités en Extrême-orient finirait peut-être par susciter entre les cabinets de Londres et de Paris ; il pouvait tabler aussi sur un mouvement favorable de l’opinion espagnole dont une partie avait accueilli avec déplaisir la perspective de la prépondérance française dans les affaires marocaines ; il espérait enfin s’assurer le concours du gouvernement des États-Unis, très attaché en tous lieux au principe de la « porte ouverte » et près duquel il avait fait faire une démarche dans ce sens.

Guillaume ii toutefois n’entendait pas se brouiller avec la France ; il mit quelque affectation à aller dîner chez M. Bihourd peu de temps avant