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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/29

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maintes occasions le sultan contre l’Europe sans pour cela échapper à cette solidarité occidentale qu’impose à toutes les puissances l’état actuel de l’Empire ottoman, ce sont là des chefs-d’œuvre de souplesse politique et d’ingéniosité diplomatique que les amateurs n’ont pas pris la peine de suffisamment admirer ; jamais l’art de Machiavel n’avait été poussé aussi loin. Depuis de longues années, Guillaume ii a ainsi habitué la Méditerranée au spectacle de cette amitié entre la croix et le croissant dont la chrétienté se scandalisait si fort au temps de François ier. On sait ce que l’Allemagne y a gagné. L’Asie mineure est aujourd’hui sillonnée de chemins de fer allemands et l’influence allemande domine sur le Bosphore. Naturellement un tel état de chose n’a pas été sans un grand développement économique et commercial.

Ainsi, malgré des circonstances peu favorables, malgré les obstacles apportés par la nature, malgré que son peuple l’ait généralement peu compris et mal secondé, Guillaume ii à force de ténacité est arrivé à ses fins. Le cercle de fer est troué en beaucoup d’endroits. L’Allemagne peut vivre car elle peut s’enrichir ; elle a des débouchés. Ce