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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/207

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condamna la délation. Au point où en étaient venues les choses[1] des paroles ne suffisaient plus, il fallait des actes. Tout le monde le sentait. Les actes accompagnèrent les paroles. Le général Peigné dont les journaux avaient publié une lettre conçue en des termes inqualifiables, fut privé du commandement qu’il exerçait de façon si incorrecte et M. Begnicourt, officier en retraite qui s’était fait le dénonciateur infatigable d’un très grand nombre de ses camarades, fut rayé de la Légion d’Honneur. Peu après, le général Tournier, une des victimes de la délation, fut rappelé à l’activité et nommé à Limoges au commandement d’une division. C’étaient là des mesures sérieuses contre lesquelles s’élevèrent en vain les députés de l’extrême gauche et qu’approuva une majorité de 300 voix. À droite, on eut naturellement voulu davantage ; on réclamait la réparation des dommages causés par les fiches aux officiers qui avaient été visés par elles. Entrer ainsi dans la voie des représailles eût été de la part du gouvernement une insigne maladresse. Il fallait au contraire en finir le plus tôt possible avec cette

  1. Voir la Chronique de 1904.