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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/173

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de france

On serait tenté d’expliquer ce fait par le caractère peu prestigieux de la civilisation moderne comparée à l’ancienne. Les progrès innombrables dont elle se compose sont des progrès de détail qui, incontestablement, enlèvent de la majesté à l’ensemble et en rendent les grandes lignes moins nettes et plus confuses ; de plus, ce sont des progrès d’ordre pratique, peu artistiques par conséquent et de silhouettes peu impressionnantes. Tout cela est exact sans doute mais les Romains employaient pour rehausser l’éclat de leur civilisation un procédé qui aurait pu être avantageusement renouvelé par les Français ; ils créaient des villes, soit de toutes pièces dans un lieu jusque-là solitaire, soit en agrandissant d’humbles bourgades dont les quelques masures disparaissaient promptement devant les constructions nouvelles. Moralement et matériellement, ces cités étaient de monumentales leçons de choses à l’adresse des indigènes lesquels n’y pouvaient pénétrer sans apercevoir, en une sorte de raccourcis, la puissance romaine en action. En s’installant dans les villes arabes et en y opérant des travaux d’assainissement et d’agrandissement très considérables, les Français les ont