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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/147

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comme un lot suffisant, compensant les acquisitions faites par les autres puissances, ou bien elles valaient quelque chose et, en ce cas, il devait sembler naturel qu’on en préparât l’exploitation future.

Vers cette époque, le poste extrême d’El Golea ainsi que le commandement d’une compagnie montée à méharis furent confiés au commandant Lamy ; mais on lui défendit pour ainsi dire d’en sortir ; selon sa propre expression, on « l’emprisonna à El Golea, sous prétexte qu’il y avait de grands dangers à s’éloigner de ce poste ». Dans une lettre datée de janvier 1893 et adressée à un ami, le commandant raconte le curieux épisode que voici ; cet incident donne la mesure de la pusillanimité des pouvoirs publics : « Nous avons reçu, écrit-il, un touriste venu de Constantine en vélocipède jusqu’à moitié route de Tougourt à Guerrara ; là ne pouvant plus avancer à cause du terrain, il a couché son instrument dans une dune et a loué un chameau sur le dos duquel il est arrivé à El Golea, suivi d’un petit convoi. Je lui ai fait acheter un beau méhari et son équipement ; il est allé seul avec un chaambi, d’El Golea à Inifel en trois jours puis d’Inifel à