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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/141

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harien comme une entreprise immédiatement réalisable et dont les bénéfices de tous ordres étaient assurés. Ce qu’il y a d’étrange dans le cas de Duponchel, c’est qu’il entreprit sa croisade sans expérience personnelle et que, lorsque l’occasion lui fut donnée de voir de ses yeux le Sahara dont il se faisait l’apôtre, les circonstances l’empêchèrent d’y pénétrer. Il dut se tenir sur la lisière n’avançant pas beaucoup au-delà de Laghouat. Malgré cela sa connaissance de ces régions était très complète tant il avait intelligemment compilé les écrits des voyageurs et tant il avait su en déduire avec perspicacité de fortes conclusions. Et ce n’est pas un mince honneur pour sa mémoire que l’éclatante confirmation apportée par les faits à ses audacieux à priori. Duponchel vécut d’ailleurs assez longtemps pour recueillir, à défaut de la renommée qui auréolera plus tard son nom, cette satisfaction importante. Il mourut en 1903, certain de ne s’être pas trompé, affligé seulement de n’avoir pu faire partager sa foi à une opinion mal préparée à admettre et à seconder les entreprises lointaines.