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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1905.djvu/108

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la chronique

m’était difficile de le renseigner. Il m’a signalé des articles de journaux où il serait question d’un protectorat de la France sur le Maroc. Si par ce mot protectorat, ai-je fait observer, on entend que la France, maîtresse de l’Algérie-Tunisie, a et doit conserver au Maroc une situation absolument à part, il me semble que c’est l’évidence même. Rien de plus juste, a dit le prince, tout le monde se rend compte de cette situation. Cette dépêche est en date du 23 juin 1901. Elle se passe de tout commentaire et elle démontre par contre l’inanité de ceux auxquels se livrèrent, au Palais Bourbon, les orateurs du 19 avril 1905. Il restait à effacer autant que faire se pouvait le souvenir de cette déplorable séance puisqu’il était désormais impossible d’en annuler les conséquences. M. Rouvier s’en chargea en véritable homme d’État, à la fois conscient des abîmes qu’il côtoie et résolu à y marcher la tête ferme. Il apporta à la tribune de la Chambre des députés un exposé de la question marocaine et des revendications de la France aussi parfaitement lucide qu’il était justifié. « On ne manquera pas, écrivait à ce propos l’Indépendance Belge, d’établir un parallèle, entre le discours du prince de Bulow et celui de M. Rouvier. Ce qui frappera tous les esprits