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la chronique

les catholiques manifestaient des sentiments ultramontains propres à réjouir le Saint-Siège. Quand vint la seconde République, le clergé qui tenait rigueur à Louis-Philippe pour ne l’avoir pas suffisamment favorisé épousa la cause républicaine. Aussi jamais la religion ne fut-elle plus populaire en France. Les prêtres bénissaient partout les « arbres de la liberté ». Une messe solennelle fut célébrée sur la place de la Concorde le jour de la promulgation de la constitution de 1848 et, l’année suivante, un corps expéditionnaire français envoyé au secours du pape s’empara de Rome révoltée et y restaura le régime pontifical. Conquis par les flatteries du gouvernement de Napoléon iii, le clergé par la suite se donna imprudemment à ce néo-impérialisme ; il en résulta, après la guerre de 1870, certains froissements entre les évêques et la République. Le bonapartisme de ceux-ci se manifestait de façon trop visible. Peu à peu ils désarmèrent ; l’action énergique de Léon xiii y contribua efficacement. Nous ne pouvons relater ici le détail des rapports entre l’église et l’État de 1815 à 1900 ; mais il suffit de constater qu’aucun conflit intérieur n’en troubla l’harmonie. De part et d’autre on était animé par un sincère désir