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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/204

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la chronique

grand seigneur l’instinct précis d’un homme d’affaires. Le gouvernement du régent, aidé parla prospérité factice qu’engendrèrent les agiotages de Law appuya ses desseins. Il put restaurer l’Académie au moment où elle semblait devoir péricliter définitivement ; elle ne comptait plus que deux peintres, un sculpteur et un abbé, neveu de Mansart qui, ne peignant ni ne sculptant, était néanmoins pensionné et touchait même 500 livres de plus que ses camarades. La banqueroute de la rue Quincampoix restreignit bien vite les dépenses mais sans diminuer l’intérêt éclairé du duc d’Antin : au contraire il sembla s’occuper de jour en jour avec plus de zèle de l’Académie. Il donna des soins tout particuliers à ce que les élèves fussent choisis selon leurs mérites et leurs talents, ne voulant point chagriner Poerson qu’il qualifiait pourtant de « vieux radoteur » il le laissa en place mais lui adjoignit le peintre Wlenghels. Ce dernier incita les jeunes artistes à entreprendre la décoration de leur nouvelle demeure, le palais Mancini. L’idée parut séduisante et l’exécution en fut si rapide et si complète que bientôt l’Académie de France se trouva classée au nombre des institutions auxquelles les étrangers de passage