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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/185

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de france

armées ; les présents sans les troupes eussent semblé une marque de faiblesse ; les troupes sans les présents eussent entretenu l’hostilité, la défiance et la guerre d’embuscades. Ce double point de vue était assez simple pour être aisément compris de Paris. Encore aurait-il fallu lire des dépêches où on l’exposait, et surtout établir quelque surveillance au chargement des convois. Lorsqu’en 1762 parurent enfin devant la Nouvelle Orléans les navires attendus depuis si longtemps, il y avait trois années que les Peaux-rouges n’avaient reçu leurs présents accoutumés et leur fidélité envers la France s’en trouvait ébranlée. Quel ne fut pas l’ennui du gouverneur lorsque le débarquement s’opéra ; par suite d’erreur ou plus probablement de quelque friponnerie les marchandises demandées par lui et facturées régulièrement avaient été remplacées par d’autres de moindre valeur et de nulle utilité. Ce seul fait explique qu’à maintes reprises les magasins de la colonie se soient trouvés absolument dénués de tout et aient dû s’approvisionner chez des particuliers à des prix excessifs.

La question des troupes était à envisager sous le double rapport de la quantité et de la qualité. Elle ne donnait guère de satisfaction sur le premier