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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/139

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lisation et à décourager l’emploi de la langue natale, sont recommandables. L’éducation des indigènes et, en même temps, le maintien des oppositions de races ou de cultes qui les divisent, doivent également préoccuper les autorités. La diffusion des connaissances positives entamera seule la routine des vieilles idées ; malheureusement, l’hostilité des indigènes envers la science est malaisée à vaincre, et actuellement c’est à peine si vingt-cinq mille de leurs enfants fréquentent avec quelque régularité les écoles.

C’est seulement depuis une trentaine d’années que l’on tient un compte suffisant de l’élément kabyle, lequel paraît être sensiblement plus nombreux que l’élément arabe. Au début, les autorités militaires, séduites par les qualités épiques et les grandes manières des chefs arabes, commirent la faute énorme de détruire les institutions locales de la petite Kabylie pour y introduire le régime arabe. Les Kabyles, qui sont sédentaires et habitent des maisons de pierres auraient, sans cela, progressé bien plus vite.

Au point de vue religieux, on peut dire que le prosélytisme n’existe guère en Algérie : ceux-là même qui seraient tentés de s’y livrer, sentent le