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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/122

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la chronique

une négociation nouvelle de rentes, lesquelles étaient rentrées dans le portefeuille de l’État et se trouvaient en sommes éteintes. Pour appeler les choses par leur nom, ce serait là de véritables emprunts nouveaux. Si M. Rouvier doit conserver longtemps le portefeuille des finances, il arrivera sans doute à imposer les mesures qu’il juge nécessaire à l’amélioration de notre situation. Mais l’avenir ne semble pas évoquer à son esprit des images très souriantes. Il ne croit guère à la possibilité d’économies radicales dans les différents services ; il prévoit par contre le vote d’un grand nombre de lois de retraite et d’assistance qui répondront à une tendance « noble mais fatale » des démocraties et en vue desquelles il faudra créer des ressources nouvelles ; où les trouver ailleurs que dans l’impôt ? Sans doute cet écrasement du contribuable par l’impôt n’est pas particulier à la France ; le français ne paie en somme que 92 francs d’impôt annuel alors que l’allemand en paie 127 ; l’anglais en paie 89, chiffre qui se rapproche singulièrement du nôtre. Mais constater que son voisin a commis les mêmes fautes que soi ou souffre des mêmes maux, constitue une mince consolation. M. Rouvier