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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/121

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quand même il s’est trouvé, tant par ses collègues que par le parlement, constamment contrecarré dans ses désirs, il a réussi à relever une situation qui ne laissait pas, voici dix mois, de paraître assez préoccupante.

Grâce à ses efforts intelligemment secondés par le président de la commission du budget, M. Paul Doumer, l’ancien gouverneur d’Indo-Chine, le budget de 1904 a pu être voté avant le 1er janvier. L’expédient commode mais funeste des « douzièmes provisoires » a été ainsi évité. M. Rouvier a paru attacher une importance considérable à ce qu’il en fut ainsi, déplorant sans doute la facilité avec laquelle les précédents cabinets avaient parfois admis ce procédé. Il est certain qu’outre le désordre jeté dans les finances d’un grand pays par le vote du budget au cours même de l’année à laquelle il s’applique, les députés prennent ainsi les plus fâcheuses habitudes et perdent complètement de vue la nécessité de discussions rapides et suivies.

Pour en arriver là, M. Rouvier a dû, cette fois, faire de réels sacrifices et consentir à couvrir le déficit qu’il aurait désiré couvrir autrement, par une forte émission d’obligations à court terme et