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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/91

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rablement disposée à leur égard ; elles ont pensé qu’on leur saurait plus de gré d’une immolation silencieuse que d’une résistance sensationnelle. Le calcul pourrait bien avoir été habile et les congrégations ont sans doute gagné, à agir ainsi, des sympathies nouvelles. Ces sympathies sont-elles nombreuses et énergiques ? C’est ce que nous saurons aux élections de 1902. L’indifférence jusqu’ici a été très générale. Point de manifestations, aucun tumulte dans les rues. Il est certain que la France ne se sent pas atteinte dans ses œuvres vives. Les travaux des Bénédictins et les prières des Carmélites ne lui paraissent plus nécessaires à sa vie sociale. Mais on sent une sourde inquiétude provenant de l’atteinte portée à la liberté individuelle comme aussi de la haine sectaire déployée en cette circonstance. À cela s’ajoutent certains intérêts matériels lésés. Des centres monastiques comme Solesmes, même dépourvus de pèlerinages célèbres, de fabriques de liqueurs ou d’exploitations agricoles n’en ont pas moins pour la région environnante une importance considérable ; ils contribuent de mille manières à son enrichissement. Pour la population ouvrière qui va perdre au change, la satisfaction donnée aux idées voltai-