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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/267

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de france

Le Grand Empereur de la Guerre —
Marcher — sur la même bruyère —
Le Grand Empereur de la Paix !

En cette circonstance, les défauts mêmes de Rostand étaient propres à le servir ; l’extrême facilité qui fait que ses vers imitent le murmure d’une source trop pressée, la chevauchée des instincts modernistes sur les réminiscences classiques qui s’opère dans son cerveau et l’amène à associer sans cesse, en d’étincelants mais peu durables contacts, l’actualité la plus immédiate à tout le permanent du cœur humain, les joliesses incorrectes, les spirituelles jongleries, tout ce qui dans l’œuvre du jeune maître, depuis les Romanesques jusqu’à l’Aiglon, présente à la fois le charme et l’imperfection des improvisations géniales, tout cela convenait ici et devait plaire.

Il est manifeste que le goût Français est en train d’évoluer et d’évoluer radicalement. Ce petit incident répand de la lumière sur un grand mouvement. Les Français, on l’a bien vu à divers symptômes, sont portés maintenant à admirer ce qu’ils haïssaient naguère, le poncif, le lourd, le solennel, le pédant, mais ce n’est pas un motif pour répudier ce qui fit leurs délices d’antan et