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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/250

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la chronique

tinée eussent pris dans l’histoire une de ces places définitives qui découragent l’écrivain le plus sûr de lui-même. Entr’autres mérites, M. Funck-Brentano aura eu celui de prouver à ses contemporains qu’il restait beaucoup à dire sur ces terribles sujets et qu’eux-mêmes s’en trouvaient bien moins instruits qu’ils ne l’imaginent. La raison en est simple ; ils ont prêté, ces sujets, à des dissertations indéfinies, à des effets oratoires sans nombre, à des élégies sentimentales, à des déclamations passionnées ; et tout ce bruit précisément a empêché qu’ils ne fussent approfondis comme il convenait, avec l’impartialité historique que le temps peut seul, en pareil cas, faire prédominer sur les passions humaines. Comment l’élite « s’emballe » aussi bien que la foule, en quoi les entraînements de l’une diffèrent de ceux de l’autre, comment ils réagissent et se complètent, et vers quelles conséquences considérables de menus incidents peuvent faire dévier une nation, voilà ce que l’auteur de « l’Affaire du Collier » enseigne subtilement à ses lecteurs ; et la leçon n’est pas seulement agréable de forme, elle est d’un profit immédiat, au moins pour les Français, les Anglais, les Américains..… et même les Chinois. Par malheur, bien que ses précé-