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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/246

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la chronique

du père Didon. Il se livre là tout entier. Ce qui frappe, c’est la prodigieuse simplicité de cette nature, simplicité qui justement en fait la grandeur. Une seule préoccupation, mais sublime ; un seul levier, mais formidable. La société moderne, très complexe, est peu habituée à voir se lever de pareils hommes. Le père Didon cherchait parfois à se compliquer lui-même en abordant les problèmes scientifiques pour lesquels il était peu fait. L’opinion ignorante prêtait d’autre part à sa personnalité tout un arrière plan de complications psychologiques. En réalité il n’était qu’un soldat, toujours armé, toujours prêt, intarissable à vanter les beautés de la lutte, joyeux d’en enseigner l’art à la jeunesse qui l’écoutait. Se battre résumait tout pour lui. C’était à la fois, le dernier mot de sa philosophie et le premier de son credo. Du soldat il avait au plus haut point, les vertus nécessaires, la persévérance et l’esprit de discipline. La désobéissance lui était aussi étrangère que le découragement. L’amour de la force physique, la loyauté dans le choix des armes, le respect de l’adversaire complétaient cette physionomie de guerrier moral, si étrange et par cela même si utile à l’heure où elle parut. On en chercherait en vain l’image dans les livres que l’illustre