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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/228

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la chronique

industrielles de Paris, se plaignant naguère de cette situation, en faisait remonter la responsabilité aux chefs d’industries qui ne créent pas dans leurs usines les postes nécessaires et, par méfiance ou inertie, n’entretiennent aucune relation avec les établissements scientifiques qui pourraient leur fournir des collaborateurs de mérite. Ce n’est pas par de pareils procédés que s’opérera par exemple, la revanche sur la fameuse « Badische Anilin und Soda Fabrik » qui, avec ses 6. 500 ouvriers et ses 150 docteurs ès-sciences, a accaparé l’industrie des matières colorantes de la houille, laquelle végète en France et en Angleterre, ses pays d’origine — ou bien que sera concurrencée la fabrication de l’acide sulfurique à moins de cinq centimes le kilo. Comme le fait très justement remarquer M. Émile Gautier, l’industrie chimique s’est transformée radicalement ; elle était surtout extractive ; elle tend de plus en plus à devenir synthétique ; c’est ainsi que depuis peu de temps, l’indigo se fabrique artificiellement en Allemagne par grandes quantités. De cette transformation, les Français ne se sont pas avisés assez tôt. Leurs savants leur en avaient fourni les éléments ; ils n’ont pas su les utiliser. L’armée chimique a des généraux et des colonels : elle a aussi des caporaux ; elle manque de capitaines.