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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/22

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la chronique

ques. Il suffisait de lui montrer à l’œuvre toutes les puissances néfastes..… » Le rêve pouvait être beau, mais il était naïf et la conception du monde moral que révèlent ces quelques ligues est, en vérité, d’une simplicité enfantine ; d’un côté le progrès net, défini et qui s’opérerait de lui-même si, de l’autre côté, il n’y avait la réaction qui l’entrave et l’annihile. Mais rien n’égale, à certains moments, la naïveté et la simplicité des Français. Avec une entière bonne foi, nombre d’entre eux, parmi lesquels on s’étonne de trouver tant d’hommes d’âge mûr et d’esprit rassis, acceptèrent cette formule et en firent leur programme d’action. Les forces réactionnaires, ce sont, à leurs yeux, le césarisme, le capitalisme, le militarisme, le cléricalisme ; ils les dénoncèrent avec fureur.

Rapprochez les uns des autres tous les documents que nous fournit, à cet égard, l’année 1901, depuis les délibérations des loges maçonniques, jusqu’aux comptes rendus du Club des Jacobins, restauré à Paris par quelques fanatiques — depuis les discours prononcés au Congrès radical par un homme d’État de la valeur de M. Léon Bourgeois jusqu’aux harangues tonitruantes adressées par le fougueux agitateur Roldes aux grévistes de Mont-