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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/217

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Français. La tâche à vrai dire, est infiniment plus délicate. Et d’abord les renseignements sont moins aisés à se procurer parce qu’au rebours des artistes, la plupart des savants ne travaillent pas pour se faire voir et que le secret des laboratoires est autrement difficile à pénétrer que celui des ateliers. Il faudrait pouvoir signaler toutes les patientes et opiniâtres recherches qui se trouvent engagées à l’heure actuelle sur tous les points du territoire, et dont telle ou telle, qui vient d’aboutir sans qu’on le sache encore, est destinée peut-être à ouvrir soudainement une percée éblouissante dans le bois touffu des mystères humains. Car c’est une des particularités de la science opposée à l’art, que ses tâtonnements s’opèrent à la fois dans toutes les directions et que ses plus beaux résultats s’orientent souvent à l’improviste. Dans le monde moderne, qu’absorbent la recherche de procédés nouveaux et le souci des perfectionnements économiques, il est presque impossible de tracer un tableau général de l’état de la science industrielle, sans que ce tableau, exact au moment on en a réuni les éléments, ait cessé de l’être lorsque l’ensemble est prêt à être présenté au lecteur.