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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/179

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pleinement à cette mission et on ne voit pas l’utilité de conserver une série de villages sans avenir qui, en cas de conflit avec l’Angleterre, constitueraient des gages dont cette puissance pourrait s’emparer presque sans coup férir. En attendant, les vieux comptoirs de l’Hindoustan nomment des conseillers généraux et même un sénateur et un député lesquels, en vertu d’une législation aussi spéciale que bizarre, tiennent leurs mandats d’électeurs indigènes dont beaucoup ne sont pas citoyens Français.

Il n’a été créé depuis trente ans qu’une seule « station » nouvelle. La France possédait, sur la côte d’Afrique, à l’entrée de la mer Rouge, le port d’Obock dont elle ne faisait rien. Ayant reconnu pendant la campagne du Tonkin, la nécessité d’avoir, en ces parages, un point de refuge et de ravitaillement, elle développa, à partir de 1883, cette possession qui encercle aujourd’hui toute la baie de Tadjourah, y compris Djibouti lequel fait vis-à-vis à Obock de l’autre côté de la baie. Cette contrée d’aspect saharien n’a pas seulement, du reste, une importance stratégique ; l’achèvement du chemin de fer de Djibouti à Addis-Ababa la rendra prospère. Dès maintenant le transit par caravanes fait