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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/17

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de france

La Nouvelle Idole.

Le progrès scientifique, par son ampleur et sa rapidité, était de nature à frapper vivement l’imagination Française. De bonne heure en effet, il exalta de nobles esprits et fit naître d’immenses espoirs. On a retrouvé dernièrement dans les papiers d’Ernest Renan[1] le canevas d’une conférence donnée en 1863, au cours d’une tournée électorale dans le département de la Marne. L’éminent candidat se réclamait de la Science et comptait, pour se conquérir des suffrages, sur le tableau de ses bienfaits à venir, éloquemment dressé dans cette langue si pure dont il avait le secret. Que n’en attendait-il pas ? « L’existence des sociétés, dit-il, sera de plus en plus fondée sur la Science ». Elle sera « la rédemption de l’ouvrier ». Par elle, « le travail matériel ira toujours en diminuant, en devenant moins pénible » et l’humanité se trouvera « libre de vaquer à une vie heureuse, morale, intellectuelle ». Renan demeura, jusqu’à sa mort,

  1. Grande Revue du 1er mai 1901.