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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/156

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la chronique

les deux chancelleries. Les échanges de vues devinrent continuels et une politique raisonnée et prévoyante prit la place de l’ancienne entente, à la fois sentimentale et imprécise. M. Delcassé avait toujours été partisan d’une alliance active entre la France et la Russie, et le premier discours qu’il prononça à la Chambre des Députés (novembre 1890), s’inspirait de la nécessité d’opposer une semblable combinaison à la Triple Alliance, alors dans toute sa force. La personnalité du ministre Français et la longue durée de son ministère aidèrent puissamment à l’établissement de semblables relations ; mais le public les ignorait et l’abstention du couple impérial Russe à l’Exposition Universelle de 1900, l’avait rendu plus sceptique à l’endroit de l’alliance et de ses bienfaits ; à un moment donné, il y avait eu, au reste, quelque relâchement et même quelques tiraillements entre les alliés, provenant, sans doute, des éventualités non prévues et des inévitables divergences politiques auxquelles peut seul remédier un système de confiance réciproque et de confidences presque quotidiennes. Il était à la fois nécessaire que l’empereur Nicolas revînt en France et qu’une parole autorisée fit connaître