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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/142

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la chronique

Il arrive que sur les lèvres de certains hommes d’État, qui parlent un langage rare et clair et dont la moindre parole a une portée, certains mots prononcés à certaines heures, acquièrent tout à coup une signification inattendue. « L’intérêt singulier » eut cette fortune. Toutes les chancelleries le notèrent, tous les chroniqueurs le commentèrent. On sut par là que la France ne permettrait pas la rupture, au profit d’une autre puissance, de ce statu quo qu’elle s’applique à conserver et l’on comprit que si l’état de décomposition dans lequel se trouve le Maroc venait à s’aggraver, au point qu’une désagrégation en résultât, la République se réservait d’y jouer le premier rôle. Ainsi, dans cette affaire, le présent se trouva précisé et l’avenir, délimité.

Le Conflit Franco-Turc.

Il n’est pas exagéré de prétendre que la façon dont a été soulevé, conduit et résolu le conflit Franco-Turc constitue l’un des chefs-d’œuvre de la diplomatie contemporaine. Pour mieux apprécier cette page d’histoire, il convient d’examiner