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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/128

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la chronique

de votre maison, les apparences de votre train de vie et au besoin les confidences de votre voisin, ils vous eussent rangé dans une de leurs huit catégories (sauf réclamation de votre part, à présenter dans les quinze jours). Mais qui eût songé à réclamer ? Au dessous de 1.250 francs de rente, vous ne comptiez pas ; de 1.250 à 2.500, vous aviez à payer 0,10 c. par 1000 francs. — De 2.500 à 5.000, 0,15 c. — De 5.000 à 10.000, 0,20 c. — De 10000 à 25000, 0,25 c. — De 25000 à 50.000, 0,30 c. — De 50.000 à 100.000, 0,35 c. — Au-dessus de 100.000, 0,40 c. ; soit pour une fortune de 30.000 francs de rente, 9 francs et pour une fortune de 110.000 francs, 44 francs. C’était à peine de quoi payer les frais de l’opération et sûrement pas de quoi s’alarmer.

Mais voyez avec quelle aisance on pourra ensuite serrer la vis ainsi établie. Il suffira que le parlement, en votant le budget, déplace la virgule pour faire de 0,10 c. 1 franc, puis 10 francs, puis 100 francs ; et voilà le contribuable qui possède un revenu de 30.000 francs taxé à 9.000 francs et l’autre à 44.000 francs ! N’est-ce pas admirable ? Jamais dans l’histoire de l’exploitation des contribuables on n’avait eu occasion de mettre en mou-