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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/124

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la chronique

chose étrange, les ouvriers, de leur côté, mirent très peu d’empressement à se prévaloir du privilège qu’on leur offrait. De sorte que si Paris possède désormais des Conseils du Travail, ceux-ci manquent de prestige en face de l’opposition considérable qu’a soulevée leur création.

L’initiative gouvernementale s’est exercée, moins heureusement encore, sur le problème des retraites ouvrières et, après une discussion approfondie et d’ailleurs intéressante, la Chambre, se sentant insuffisamment éclairée, a institué une sorte de referendum et a invité le gouvernement à soumettre son projet de loi à l’avis des associations professionnelles légalement constituées. C’était le condamner à une mort presque certaine. Les associations patronales, en effet, sont, les unes hostiles au principe de l’obligation, base de la loi, les autres anxieuses que les charges qui en découleront ne soient pas imposées au pays sans qu’on ait pu réaliser des économies et des dégrèvements pour une somme égale. Quant aux associations ouvrières, la plupart ont entendu avec effroi proposer de fixer l’âge de la retraite à 65 ans et la retraite elle-même à 360 francs par an au maximum ; et surtout la retenue obligatoire sur des