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Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/121

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sort, soit qu’ils se soient confiés à des politiciens qui les ont fait mouvoir, on ne saurait imaginer une plus fréquente méconnaissance de leurs intérêts, une plus parfaite ignorance des lois économiques, une plus complète inintelligence des conditions du travail, que celles dont ce rapport donne l’impression. Constamment, ils entrent en grève sans avoir accordé aux patrons le temps matériel de répondre à leurs exigences ; ils formulent ces exigences à l’heure où il est impossible sous peine de ruine d’y faire droit, alors qu’un peu plus tôt ou un peu plus tard, ils auraient eu chance de gagner leur cause ; ou bien, ils perdent maladroitement l’occasion d’un profit exceptionnel, ou bien encore, ils se mettent dans leur tort en abandonnant gratuitement l’avantage de leur position. L’idée qu’une industrie a besoin de sécurité, qu’elle doit pouvoir conclure des marchés, préparer des approvisionnements, se ménager des amortissements et des ventes qui impliquent avec des prix de revient calculés et serrés de près, la stabilité du travail, cette idée-là ne semble pas leur être jamais venue.

Si l’instruction des troupes socialistes est si en retard, l’état-major pèche par l’excès contraire ;