Ouvrir le menu principal

Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1901.djvu/109

Cette page a été validée par deux contributeurs.
97
de france

et qui ne peut plus fabriquer à bas prix, a avantage à délaisser l’industrie pour le commerce d’importation. Seulement ce qu’il importe est fabriqué à l’étranger et au détriment de la population française aussi bien que de tout le pays, d’où l’argent sort pour n’y plus rentrer. Voilà donc l’évolution fatale. Les patrons se transformeront en importateurs et le travail cessant, les ouvriers n’auront plus besoin de faire grève. S’ils veulent vivre ils n’auront qu’à se faire agriculteurs ou colons. La lutte aveugle contre le patron doit aboutir fatalement non pas à la suppression du patronat, mais à la substitution de l’importateur au producteur et à la suppression des travailleurs. » L’intérêt de cette déclaration est qu’elle émane d’un homme d’opinions avancées et qui n’est nullement opposé à nombre de revendications ouvrières que les patrons, en général, ne voient pas d’un œil favorable. En résumé, le commerce se ralentit, les impôts rentrent moins bien, la richesse immobilière diminue, les capitaux s’abritent plus volontiers à l’étranger, les dépenses se restreignent et les patrons sont mécontents. C’est bien là une médiocre, sinon une mauvaise année. La France n’en mourra pas. Elle n’en est même