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Page:Pierre de Coubertin - Anthologie, 1933.djvu/53

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anthologie

C’est le printemps. Jouis de la vie qui passe. Qu’importe, répond le fleuve. C’est le printemps. Bois, chante et oublie… » Non, ce n’était plus le printemps. Le printemps chinois était passé.


La dictature de Hideyoshi.

Parmi les Samouraïs groupés par Nobunaga et bénéficiaires de son succès se trouvait un ancien paysan devenu chef de bande et condottière, Hideyoshi. On l’a comparé à Bonaparte tant sa carrière eût de lustre en sa brièveté. Ce qu’il faut remarquer dans le cas de Hideyoshi, c’est son origine toute plébéienne. Il ne s’était pas encore présenté dans l’histoire du Japon qu’un homme parti de si bas montât si haut, ni même réussit à se mettre en possession d’un poste supérieur. Or, Hideyoshi était trivial et grossier et ne cherchait pas à être autrement. Toutefois, pour asseoir vraiment sa fortune, il sentit la nécessité de recourir à un stratagème bien oriental ; il se fit adopter par le chef d’une des plus aristocratiques familles du Japon.

La dictature de Hideyoshi dura de 1582 à 1598. Elle fut absolue et ne se voila même pas sous l’artifice d’un titre Shogunal. L’empereur régnant continua cependant d’occuper le trône sans que Hideyoshi ait songé sérieusement à l’y remplacer. Mais tous les pouvoirs furent en ses mains. Ses visées étaient principalement continentales. Ce qu’il voulait, c’était soumettre la Corée et par elle, atteindre la Chine, dont il épiait l’état de décadence croissante. Peut-être y eut-il réussi si la mort ne l’avait surpris, mais à coup sûr le joug japonais ne s’y fut pas maintenu. L’espèce de lassitude un peu insouciante avec laquelle, à certaines périodes de leur histoire, les Chinois se sont laissés gouverner par des Mongols et des Mandchoux, ils ne l’auraient pas alors témoignée vis-à-vis des Japonais.