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Page:Pierre de Coubertin - Anthologie, 1933.djvu/163

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anthologie

l’état habituel du monde, c’est le vide, le froid, le silence et l’obscurité…

Et voici une seconde donnée qu’il faut également nous résigner à admettre. C’est que la vie à la surface des planètes, la vie organisée telle que nous la sentons en nous et la voyons palpiter autour de nous ne représente qu’une brève étape, une sorte de moisissure momentanée entre les périodes bien autrement longues de la formation ignée et de la matière refroidie et desséchée : moisissure dont nous ne sommes même pas certains que tous les astres bénéficient, car il semble en être que le volcanisme peut détruire sans laisser le temps à la vie de s’y épanouir… Et tout cela représente des centaines de milliers d’années.

Nous voici donc en présence des deux notions fondamentales de temps et d’espace, ces deux assises de l’esprit critique, cette double norme de l’intelligence et du jugement — et d’une troisième notion qui, celle-là, nous dépasse : la notion de l’infini. L’astronomie nous la rend tangible et, pourtant, nous n’arrivons pas à la comprendre. Peut-on imaginer un endroit cesse l’espace ? Mais pouvons-nous concevoir un espace qui n’a point de limite ? Le nombre des astres peut, doit être limité ; c’est un nombre ; tandis qu’au delà de l’espace, il ne peut y avoir qu’encore l’espace !

Ainsi l’astronomie nous rend absolument présente — bien qu’incompréhensible — l’idée d’infini tout au moins en son apparente certitude. Il nous suffit, pour la saisir, de lever les yeux vers le ciel étoilé ; et, en ramenant nos regards sur nous-mêmes, nous constatons les bornes effectives de notre intelligence.

Conférences ouvrières 1919.

Maximes et pensées.

On n’est pas dans ce monde pour vivre sa vie mais celle des autres. Les plus grandes joies d’ailleurs ne sont pas celles que l’on goûte mais celles que l’on procure.

La seule véritable indépendance est celle que donne une conscience satisfaite.

Le négociant qui ne relève pas chaque soir ses opérations de