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Page:Philippe - Marie Donadieu, 1904.djvu/32

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rappelaient de vieilles grand’mères à tisane. Cependant qu’une pelouse, au centre de laquelle une colonie de rosiers était protégée par un treillis, s’étendait, plate et douce, avec trois bancs, avec le repos des jours comme en rêve un grand-père pour la petite-fille qui l’a quitté. Basile, autrefois, avait acheté une maison à cause de son jardin.

Il y avait une vingtaine de pensionnaires : l’« institution » était surtout un externat. De dix à dix-sept ans, les enfants formaient un groupe où se mélangeaient des caresses de petites mamans, des rondes sous les tilleuls, des rubans posés en cachette et l’image de la sœur supérieure qui surveille les pensées profondes. Marie tomba comme une pierre et resta dans son coin. Elle avait en elle-même des sujets de vie, s’écartait des rondes et méprisait l’assistance que se prêtent l’une à l’autre les enfants sages. Elle pinçait les toutes petites et les faisait pleurer, non pas pour leur causer de la peine, mais parce qu’elle aimait, pendant une seconde, qu’on la craignît. Trois années elle vécut ici. Les rosiers de la pelouse durent garder sa mémoire. Il y avait un treillis : les