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sauva aussi dans une barque en Angleterre, après avoir esté vivement poursuivy. Ainsi, le masque estant levé, chacun derechef se dispose à la guerre.

Lors la Reyne mère est conseillée, outre les troupes qui estoient entretenues, de faire expedier force commissions, et donner le rendez-vous en Poictou à toutes les troupes, où desjà Soubise, Verac et autres de leur party, commençoient à faire leurs levées, et tous ceux de leur faction se rallioient pour estre près de leurs chefs et de La Rochelle, la meilleure place qu’ils eussent. La reyne de Navarre, qui estoit en Bearn, bien advertie pour se mettre à l’abry, comme elle le disoit, avec le prince son fils, accompagnée de Fonterailles, seneschal d’Armagnac, Saint-Megrin, Piles, et autres de ses serviteurs, avec trois mille hommes de pied et quatre cens chevaux, s’y retira aussi le mois de septembre, passant toute la Guyenne nonobstant les efforts de Montluc et d’Escars, gouverneur de Limousin, ayant sur le chemin despesché La Mothe-Fenelon à Leurs Majestez, pour leur faire entendre les causes qui l’avoient portée à se joindre et s’unir, et le prince son fils, au prince de Condé et ceux de sa religion, seulement pour la conservation d’icelle et pour le service du Roy.

D’Andelot, Montgommery, le vidame de Chartres, La Noue, Barbezieux et autres chefs huguenots, ayant aussi assemblé huit cens chevaux et deux mille hommes de pied, qu’ils avoient levez en Bretagne, Anjou, le Maine et autres endroits, s’acheminerent pour joindre le prince de Condé ; dont estant adverty, le vicomte de Martigues, comme il s’avançoit avec douze enseignes de gens de pied et quatre cornettes, pour aller trou-