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la guerre des boutons


d’école, lequel s’en prit violemment à Camus, qui risquait fort la retenue :

– Enfin vous ! allez-vous me dire la quatrième condition ?

La quatrième condition ne venait pas ! La Crique seul la connaissait.

– Foutu pour foutu, pensa-t-il ; il fallait au moins en sauver un, aussi avec un air plein de bonne volonté et fort innocent, comme s’il eût voulu faire oublier sa mauvaise action d’auparavant, répondit-il en lieu et place de son féal et très vite pour que l’instituteur ne pût lui imposer silence.

– Être inscrit sur la liste électorale de sa commune !

– Mais qui est-ce qui vous demande quelque chose ? Est-ce que je vous interroge, vous, enfin, tonna le père Simon de plus en plus monté, tandis que son meilleur écolier prenait un petit air contrit et idiot qui jurait avec son ressentiment intérieur.

Ainsi s’acheva la leçon sans autre anicroche ; mais Tintin glissa dans l’oreille de Lebrac :

– T’as-t’y vu, ce sale bancal ! tu sais, je crois qu’il faut faire attention ! y a pas de fiance à avoir en lui, il doit cafarder !

– Tu crois, sursauta Lebrac ! ah ! par exemple !

– J’ai pas de preuves, reprit Tintin, mais ça m’épaterait pas, il est en « dessour », c’est un « surnois » et j’aime pas ces types-là, moi !