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la guerre des boutons


l’aise dans ses mouvements, mais cela ne dura pas.

Tintin, dès son entrée dans la cour, lui transmit de nouveau, confidentiellement, les serments d’éternel amour de sa sœur et les offres plus terre à terre, mais non moins importantes, de réparation mobilière des vêtements le cas échéant.

Cela leur prit une demi-minute à peine et ils gagnèrent immédiatement le groupe principal où Grangibus pérorait avec volubilité, expliquant pour la septième fois comme quoi son frère et lui avaient failli, la veille au soir, tomber derechef dans l’embuscade des Velrans, qui ne s’en étaient pas tenus comme la première fois à des injures et à des cailloux lancés, mais avaient bel et bien voulu se saisir de leurs précieuses personnes et les immoler à leur insatiable vengeance.

Heureusement les Gibus n’étaient pas loin de la maison ; ils avaient sifflé Turc, leur gros chien danois, qui était justement lâché ce jour-là (une veine !) et la venue du molosse qu’ils avaient « houkssé » aussitôt contre leurs ennemis, ses grondements, ses mines de s’élancer, ses crocs montrés derrière les babines rouges avaient mis prudemment en fuite la bande des Velrans.

Et dès lors, disait Grangibus, ils avaient demandé à Narcisse de détacher le chien tous les jours vers cinq heures et demie et de l’envoyer à leur rencon-