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la guerre des boutons


thie, Lebrac n’y tint pas ; il voulut à tout prix se justifier complètement aux yeux de son amie ? et, lâchant sa bande, il entraîna Tintin à part et entre quatre-z-yeux lui demanda :

– Y as-tu au moins tout bien raconté à ta sœur ?

– Pour sûr, affirma l’autre : elle pleurait de rage, elle disait que « si elle aurait tenu le Migue la Lune elle y aurait crevé les œils ».

– Y as-tu dit que c’était pour délivrer Camus et que si vous aviez été plus lestes, ils ne m’auraient pas chopé comme ça ?

– Mais oui que j’y ai dit ! J’y ai même dit que, tout le temps qu’ils te saboulaient, t’avais pas pleuré une goutte et puis que pour finir tu leur z’y avais montré ton cul. Ah ! ce qu’elle m’écoutait, mon vieux. C’est pas pour dire, tu sais, mais elle te gobe, not’ Marie ! Elle m’a même dit de t’embrasser, mais entre nous, tu comprends, entre hommes, ça ne se fait pas, ça a l’air bête ; n’empêche que le cœur y est ; mon vieux, les femmes, quand ça aime… Elle m’a aussi dit qu’une autre fois, quand elle aurait le temps, elle tâcherait de venir par derrière pour, des fois que si tu étais repris, tu comprends, elle te recoudrait des boutons.

– J’y serai pas repris, n… d. D… ! non, j’y serai pas, fit Lebrac, ému tout de même.

Mais quand je « r’irai » à la foire de Vercel « dis-y » que je lui rapporterai un pain d’épices, pas un