Page:Pergaud - La Guerre des boutons, 1912.djvu/324

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
324
la guerre des boutons


— Quand ? La veille parbleu ! puisque le jeudi soir tout était intact et qu’aujourd’hui il leur aurait été impossible de trouver après quatre heures le temps matériel nécessaire pour perpétrer un pareil saccage, à moins toutefois qu’ils ne fussent venus le matin, mais ils étaient bien trop froussards pour oser friper une classe !

— Ah ! si nous étions au moins venus hier, se lamentait Lebrac. Dire que j’y ai pensé ! Car enfin ils n’ont pas pu tous venir, il y en avait trop d’éclopés parmi eux, je le sais bien, peut-être, moi, comme ils étaient arrangés : ils étaient sûrement plus mal foutus que nous encore. Ah ! si on leur était tombé dessus. Bon Dieu de nom de Dieu ! je les étranglais !

— Cochons ! canailles ! bandits !

— C’est tout de même lâche, vous savez, ce qu’ils ont fait là, jugea Camus.

— Et nous en sommes des propres pour nous rebattre !

— Il faudra trouver leur cabane aussi, nous, reprit Lebrac ; il n’y a plus que ça, parbleu, plus rien que ça !

— Oui, mais quand ? Après quatre heures, ils viendront faire le guet à la lisière, il n’y a que pendant la classe qu’on pourrait chercher, mais faudrait la gouepper[1] au moins huit jours de suite

  1. Manquer,friper