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la guerre des boutons


bien, autant à Velrans qu’à Longeverne, les bêtes vont bientôt crever par la Murie, et les gens itou.

— Murie vous-même ! qu’ont répondu les Velrans.

— Ah ! vous ne voulez pas l’encrotter, ah ben ! on verra voir ; d’abord vous n’êtes que des propres-à-rien et des peigne-culs !

— C’est vous qui n’êtes que des jeanfoutres ; puisque vous avez trouvé la charogne, eh ben ! c’est la vôtre, gardez-la, on vous la donne. »

— Salauds ! interrompirent quelques auditeurs, furieux de retrouver l’antique mauvaise foi des Velrans.

— Alors, qu’est-ce qui s’est passé ?

— Ce qui s’est passé, reprit La Crique. Eh bien ! voici :

« Les Longevernes sont revenus au pays ; ils sont allés trouver tous les anciens et le curé et ceusses qui avaient du bien et qu’auraient fait comme qui dirait le Conseil Municipal d’aujourd’hui, et ils leur ont raconté ce qu’ils avaient vu et « sentu » et ce qu’avaient dit les Velrans…

« Quand les femmes ont su ce qu’il y avait, elles ont commencé à chougner[1] et à gueuler ; elles ont dit que tout était foutu et qu’on allait périr. Alors les vieux ont décidé de foutre le camp à Besançon que je crois, ou ailleurs, je sais pas trop

  1. Pleurer.